Quelques chiffres pour démarrer
Latitudes en 2025 c’est 1187k€ de produits (encore en consolidation) : 49% de mécénat, 22% de subventions publiques, 24% de prestations et 5% de autres (taxe d’apprentissage, vente de jeux de cartes). Notre résultat sera encore positif cette année, comme c’est le cas depuis 2017.
Cela représente +15% de produits par rapport à 2024. Cela n’est pas une fin en soi car ce qui nous intéresse réellement est notre impact, mais cela témoigne de la situation particulière de Latitudes sur cette question des financements. Nous sommes encore dans une dynamique de développement.
Nous atteignons 55% de “renouvellement”, c’est à dire 55% de financements qui proviennent de structures qui nous ont financés avant 2025. On ne le dira jamais assez, mais les financeurs qui nous suivent dans la durée sont les plus précieux car ils nous permettent de nous concentrer sur le développement de notre impact plutôt que la recherche de financements.
Des tendances nationales très réelles chez Latitudes
Vous avez peut-être entendu parler des difficultés financières du monde associatif. Ces difficultés s’expliquent par de nombreux facteurs, et certains d’entre eux sont bien réels pour Latitudes. En voici quelques uns.
- Les subventions publiques représentent une incertitude grandissante. Alors qu’elles nous aident régulièrement à passer des caps sur des sujets clés (open data, sobriété numérique, cybersécurité ces dernières années), on a d’ores et déjà 110k€ de subventions qui ne seront pas renouvelés à coup sûr (42% des subventions 2025) alors qu’on estimait ces financements plutôt stables il y a un an. Le contexte politique et budgétaire est évidemment en cause et a aussi un impact indirect : on observe une forme d’immobilisme de certaines structures (publiques et privées) ce qui allongent parfois le délai de prise de décision pour d’éventuels soutiens. Malgré cela, nos efforts restent importants pour conclure des partenariats avec le secteur public qui est un acteur incontournable des sujets que l’on traite. À noter que Latitudes est moins touchée que beaucoup d’associations dont la structure de financements est beaucoup plus dépendante de financements publics pour assurer leurs missions de base.
- La concurrence augmente très fortement entre associations, ce qui s’observe en particulier lors des appels à projets. Elle est stimulée par des contraintes financières grandissante pour les associations et un recours aux outils d’IA Générative de plus en plus répandu pour rédiger des dossiers - on a vu circuler le chiffre de 5x plus de candidatures aux financements européens. Pour Latitudes en 2025, 1 AAP gagné seulement pour 19 candidatures ! - vs 1/13 en 2024, 6/8 en 2023. On en vient à réellement douter de l’intérêt de postuler aux appels à projets pour se concentrer sur le développement partenarial bilatéral.
- Même nous, nous vivons la concurrence des formations IA sur les formations climat dont parle cet article du monde. Grâce à un positionnement au carrefour des deux thématiques, nous avons réussi à nous stabiliser avec +3% de vente d’ateliers (notamment Bataille de l’IA) ce qui n’est pas le cas d’autres ateliers / formations climat. Mais on sent que nos interlocuteurs et interlocutrices privilégient des ateliers dédiés IA (fonctionnement et utilisation), plus alignés avec les demandes de leur direction que des formations pour développer l’esprit critique.
- Le climat anxiogène multifactoriels - difficultés de financements du monde associatif, enjeux géopolitiques et démocratiques, “backlash” des sujets climat/biodiversité - a un impact non nul sur la santé mentale de l’équipe. On a le sentiment que l’on doit être extrêmement efficaces dans notre action et que nous avons peu de marge pour souffler, peu le droit à l’erreur. Cela fait écho au baromètre de Ticket for Change sur la santé mentale des dirigeants et dirigeantes à impact.
Comment percevons-nous cette situation ?
Nous ne sommes pas à plaindre.
Grâce à des partenaires historiques et fidèles, un positionnement sur les sujets d’éducation et de numérique peut-être moins durement touchés que d’autres, une diversité de sources de revenus gage de résilience nous avons une bonne situation financière.
Notre stratégie Bienvenue dans le temps long porte également ses fruits et renforce cette affirmation. Grâce à la formation de formateurs, nous avons pu gagner 24% d’efficacité opérationnelle entre 2023 et 2025, c’est à dire que cela nous coûte 24% de moins de former une personne en 2025 par rapport à 2023. Nous avons également pu augmenter de 115% le nombre de partenariats conclus pour former à nos contenus ou les déployer. En bref, on arrive à former plus de personnes avec moins de ressources mais une qualité équivalente - nous publierons quelques éléments sur notre mesure d’impact prochainement.
Nous affichons donc un optimisme mesuré. Optimisme pour les raisons pré-citées, mesuré car l’année 2026 démarre moins fort que 2025 et que les contraintes que vit le monde associatif sont bien présentes (voire urgentes).
Nous explorons de nombreuses pistes pour limiter les risques - partenariats pluri-annuels (encore trop peu la norme), alliances entre associations, refonte de nos offres, ouverture à de nouveaux partenaires, budget stable en 2026, etc. - et on sent bien que tout l’écosystème s’active et cherche à s’adapter à cette nouvelle situation également (les financeurs aussi !).
Malheureusement, le constat est beaucoup plus alarmant pour le monde associatif. Si vous voulez creuser ces questions de santé financière du monde associatif, on vous invite à consulter la documentation du Mouvement Associatif que nous remercions pour son action.
N’hésitez pas à évoquer ces sujets avec nous, nous serons ravis d’avoir votre regard ou d’en apprendre plus sur vos situations pour s’entraider.
Nos comptes officiels seront publiés vers l’été, et d’ici là vous pouvez retrouver les années précédentes sur cette page : https://www.latitudes.cc/en-toute-transparence
📸 Photo prise lors de la Bataille de l’IA à Sup de Vinci



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