En seulement deux ans, l'IA générative a été adoptée plus vite que n'importe quelle autre technologie avant elle. À titre de comparaison, l'internet fixe avait nécessité près de cinq ans pour pénétrer les foyers français, et le smartphone trois ans. Selon le Baromètre du numérique (édition 2026), l’IA générative est aujourd’hui utilisée par plus d’une personne sur deux, dont 85% des 18-24 ans.
En tout point, le développement des IA génératives est spectaculaire. Mais ce n’est pas parce que c’est spectaculaire… que c’est forcément choisi. Et ce n’est pas la génération Z qui vous dira le contraire.
Enquête sur les ressentis d'une génération face à l'IA.
Si on utilise les IA génératives, est-ce que ça veut forcément dire qu’on est "pour" ?
Selon une étude menée par l’Institut Gallup, seulement 18 % des jeunes de la Gen Z se disent optimistes face à l'IA (contre 27 % l'an dernier). Si 22 % se disent encore enthousiastes, ils et elles étaient pourtant 36 % auparavant. D’un côté, l’espoir a chuté (18%), de l’autre, la colère a augmenté pour près d’un tiers de la génération. Ils et elles se disent inquiets de voir des métiers disparaître, et d’ailleurs, 48 % estiment que les risques l'emportent sur les avantages.
C'est d'ailleurs pour ça que la résistance à l'IA au travail prend une ampleur colossale : 44 % des jeunes tenteraient même de saboter le déploiement de l'IA dans leur entreprise. Une forme de légitime défense, Synth parle même d'une « Renaissance Luddite » en référence au mouvement ouvrier britannique du 19ème siècle qui brisait les machines pour protester contre l'automatisation.
Sur le sujet du choix (qui nous tient quand même très à cœur chez Latitudes), on voit dans l’étude que 18 % se sont vu imposer l'IA par une plateforme et 17 % par leur employeur. Et encore, cela ne dit rien de l’adoption silencieuse (presque sournoise) de ces personnes qui utilisent l’IA sans même l’avoir remarqué et/ou sans qu'on leur ait demandé leur avis… Soit dit en passant, on comprend mieux pourquoi près de la moitié de cette génération préfèrerait vivre dans le passé plutôt que dans le présent (38 %) ou le futur (15 %), selon une nouvelle enquête de NBC : une nostalgie qui s'expliquerait en grande partie par l'angoisse que suscite la tech, et l'IA en premier lieu. Ils et elles seraient nostalgiques d’une époque jugée plus “simple”. Le genre d’époque où l'on n'entendait pas encore Meta annoncer le licenciement d'environ 10 % de ses effectifs pour se concentrer sur l'intelligence artificielle… (je dis ça comme ça).
La crainte de perdre en esprit critique
Par ailleurs, l'étude révèle une crainte de perdre en compétences cognitives : 42 % des personnes interrogées estiment que l'IA nuira à leur esprit critique, et 38 % à leur créativité. Ces mêmes compétences que Jean-François Van de Poël, Conseiller IA enseignement à l'Université de Lausanne, identifie comme les plus critiques à préserver à l'ère de l'IA.
Mais est-ce qu'une IA générative les rend plus efficace ?
56 % de ces jeunes affirment que ces outils les aident à terminer leur travail plus rapidement (contre 66 % l'an dernier). Cependant, 8 sur 10 estiment que l'utilisation de l'IA rendra l'apprentissage plus difficile à l'avenir. À ce sujet, lors de notre dernier bol d’inspi, Jean-François Van de Poël l'expliquait très bien : l'IA s'immisce partout, dans les révisions, les fiches, les QCM, les résumés, etc. En déléguant ces tâches, les étudiants et étudiantes contournent les actes cognitifs essentiels à l'apprentissage et n'apprennent pas vraiment. D'où l'importance de les sensibiliser, dès aujourd'hui, au danger d'apprendre avec l'IA.
Je peux difficilement parler de l'usage des IA génératives dans la génération Z sans parler de ce qu'on appelle le "AI paradox" (que vous avez peut-être déjà soulevé en lisant cet article ! 👀). On l’a vu, cette génération se méfie de plus en plus de l’IA, mais pas assez pour y renoncer. Plus de la moitié l'utilise régulièrement, alors même qu'ils et elles sont de moins en moins nombreux à lui faire confiance.
En même temps, je les comprends un peu. Que c’est difficile d’évoluer dans une société où on leur dit que l’IA risque de supprimer des millions d’emplois, et qu’en même temps, ils et elles doivent l’utiliser pour ne pas être “laissés pour compte”. Et cette contradiction commence dès le plus jeune âge. Par exemple, comme on peut le lire ici, aux États-Unis, certaines écoles de maternelle interagissent déjà avec "Amira, un robot de lecture ludique qui enregistre leur voix afin de leur fournir des commentaires personnalisés grâce à l’IA”.
Tous les chiffres que nous avons partagés ici sont vertigineux, mais ils sont pourtant une réalité.Il est temps de leur redonner le pouvoir de choisir la place que le numérique occupe dans leurs vies. Et pour ça, cela commence par remettre la technique à sa juste place : celle d’un outil que l’on choisit en conscience.
Reprendre le contrôle sur son numérique
Pour que tous les citoyens et citoyennes puissent se forger une opinion éclairée sur le numérique, Latitudes crée des ressources pédagogiques qui permettent de développer son esprit critique et d'agir avec éthique face aux systèmes numériques.

Cette semaine, c’est la Semaine de l’IA pour Toutes et Tous.
Et chez Latitudes, on a fait un pari : mobiliser notre communauté et former un maximum de personnes à prendre en main nos ressources pédagogiques.
Notre objectif ? On vous forme, et on vous donne les clés pour organiser votre propre atelier de la Bataille de l’IA partout en France, et permettre aux jeunes et moins jeunes qui vous entourent d’explorer les enjeux et impacts de l’IA et de décider en conscience de la place qu’on lui accorde. Des ateliers ont déjà vu le jour à Carcassonne, Aix-les-Bains, Marseille, ou encore dans le Jura et en Charente-Maritime.
Formez-vous à l’animation de la Bataille de l’IA
Vous avez envie de donner du sens à votre juin ? Latitudes lance sa dernière ligne droite avant l’été pour vous former à l’animation de la Bataille de l’IA : un atelier ludique pour développer l’esprit critique sur l’IA générative (100% gratuit et en ligne). Ce sont nos dernières sessions collectives avant l’été : l’occasion d’apprendre en groupe, d’échanger avec d’autres futurs anim’ et de repartir avec les clés pour sensibiliser vos propres publics.
❌ Pas dispo en juin ? Les formations en autonomie restent disponibles tout l’été, et les sessions collectives reprennent à la rentrée.

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