La semaine dernière, on se demandait dans cet article comment intégrer la sobriété numérique dans l’enseignement supérieur. Dans le contexte que l’on connaît (impacts environnementaux, essor de l’IA, augmentation des usages numériques, etc) le numérique doit plus que jamais être abordé à l’école pour former les esprits critiques d’aujourd’hui et de demain. On ne doit plus se demander quand, mais comment.
D’autant plus que, depuis la rentrée 2025, les enseignements TEDS (transition écologique pour un développement soutenable) ont été généralisés dans l’ensemble de l’enseignement supérieur. Ces 30h d’enseignement s’adressent à tous les étudiants et étudiantes, de la L1 à la L3.
Si la sobriété numérique n’y est pas explicitement mentionnée, elle fait pourtant écho à des concepts déjà présents dans ces enseignements : limites planétaires, arbitrages, justice sociale, dépendances technologiques. Et c’est justement pour ça qu’elle y a toute sa place.
Comme l’expliquait Vincent Sennes (UVED) dans notre précédent article, la sobriété numérique peut pleinement s’intégrer aux enseignements TEDS : dès lors qu’on aborde les enjeux de transformation, on mobilise un langage commun et des compétences partagées, ce qui rend cette articulation naturelle.
Dans ce sens, et pour faciliter l’enseignement de la sobriété numérique, nous avons créé le Parcours Sobriété Numérique. Son objectif est d’aider à intégrer les enjeux du numérique soutenable dans l’enseignement supérieur grâce à des formats pédagogiques concrets, directement mobilisables en cours, afin d’accompagner les équipes pédagogiques dans la mise en œuvre de ces sujets.
Introduction au parcours Sobriété Numérique
Quelle que soit la modalité, le numérique, pensé comme un système combinant matérialité, usages et cultures, est au cœur des enjeux de soutenabilité et nécessite d’être évoqué, tant il fait partie du quotidien de l’ESR.
C’est le sens de ce parcours, conçu pour accompagner les enseignants et enseignantes du supérieur qui souhaitent intégrer les enjeux du numérique soutenable dans leurs cours. Il ne s’agit ni d’une formation aux fondamentaux du numérique responsable, ni d’un référentiel de compétences. L’objectif n’est pas de former sur le fond, mais de fournir des formats directement activables pour faciliter l’animation d’une séance, la structuration d’un module ou l’enrichissement d’un programme existant.
Ce parcours s’appuie sur l’expérience accumulée au fil de mes différents projets dans l’enseignement supérieur, au contact des besoins, des attentes et aussi des freins des équipes pédagogiques. C’est une première étape pour aider les établissements à se saisir concrètement des enjeux de sobriété numérique, et pour construire avec eux un dispositif collaboratif qui évolue dans le temps.
Pauline Mélédo, conceptrice du Parcours Sobriété Numérique chez Latitudes.
Le parcours s’adresse à des personnes disposant déjà d’une première familiarité avec le socle commun de connaissances et de compétences sur l’Anthropocène (S3C) ainsi qu’avec le numérique responsable, acquise par exemple via le MOOC de l’INRIA, une Fresque du Numérique ou toute autre introduction. Nous ne nous positionnons pas comme formateurs ou formatrices sur les contenus du numérique responsable, mais comme soutien à la mise en pratique pédagogique.
Des activités pensées pour être simples à animer
Les activités du parcours sont prêtes à l’emploi et faciles à mettre en œuvre en classe. Elles ne nécessitent aucun prérequis technique et peuvent être animées aussi bien en présentiel qu’à distance, à partir de supports simples et légers. L’objectif est de permettre aux équipes pédagogiques d’aborder ces sujets sans complexifier leur organisation de cours, tout en ouvrant des espaces de réflexion et de discussion avec les étudiantes et étudiants autour de leurs usages du numérique.
Le parcours est structuré avec ces trois modules complémentaires, mobilisables ensemble ou séparément selon les objectifs pédagogiques :

Les trois déclinaisons du parcours
Le parcours propose trois déclinaisons pour faciliter l’appropriation des activités dans des formations variées. Elles permettent de proposer des activités adaptées à des profils variés, qu’il s’agisse de sciences de l’ingénieur, de sciences humaines, de management, de santé ou de design.Chaque déclinaison aborde les enjeux du numérique soutenable sous un prisme légèrement différent, sans imposer une spécialisation technique préalable.
- Déclinaison Tech et Low Tech : cette déclinaison interroge les architectures techniques, les choix d’outils et les arbitrages entre performance, simplicité et sobriété. Elle invite à analyser la matérialité des systèmes numériques, leurs dépendances et les leviers pour concevoir des solutions adaptées, robustes et mesurées.
- Déclinaison Data : elle aborde les usages des données, leur cycle de vie, leur gouvernance et les implications matérielles et sociales de leur exploitation. Cette entrée permet de travailler sur la quantité de données mobilisées, la pertinence des collectes et la capacité à concevoir des services data qui restent sobres, utiles et proportionnés.
- Déclinaison Humanités numériques : cette déclinaison met l’accent sur les relations entre technologie et société. Elle permet de questionner les impacts culturels, éthiques et organisationnels des outils numériques, ainsi que les conditions d’usage, les dynamiques collectives et les arbitrages nécessaires pour un numérique plus juste et plus soutenable.
Ces trois angles se complètent et peuvent être combinés librement selon les objectifs pédagogiques, afin d’ouvrir des discussions équilibrées entre techniques, usages, données et transformations sociales.
Un parcours modulable, selon vos besoins !
Le parcours a été conçu pour s’adapter facilement aux contraintes d’enseignement. Des propositions de formats existent (par exemple un module de 6 heures pour découvrir les enjeux ou un projet de 9 heures pour aller plus loin) mais elles restent indicatives.
Les activités peuvent être choisies, combinées et ajustées librement selon le temps disponible, la classe et les objectifs pédagogiques. L’idée n’est pas de suivre un programme figé, mais d’offrir des ressources souples dans lesquelles chacun peut piocher pour construire un enseignement adapté à son contexte.
Les prochaines étapes
🔗 Découvrir et utiliser le parcours Sobriété Numérique en autonomie
Il est accessible ici : https://lati.cc/parcours-sobriete-numerique
🔗 Participer à une session ressource
Pour découvrir comment intégrer les ressources de Latitudes, on organise des sessions ressources pour aider les équipes pédagogiques à s’approprier les contenus. Jusqu’en avril, plusieurs temps d’échange seront proposés autour du Parcours Sobriété Numérique. On vous partage le calendrier ci-dessous.
Pour s’inscrire, c’est par ici.
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🔗 Bénéficier d’un accompagnement pour passer à l’action
Dans le cadre de la diffusion du parcours Sobriété Numérique, Latitudes accompagne un nombre limité d’établissements de l’enseignement supérieur à travers des ateliers collectifs d’appropriation pédagogique, (principalement en présentiel).
Ces ateliers permettent de découvrir concrètement les ressources du parcours, de réfléchir à leur intégration dans les enseignements et de repartir avec des pistes pédagogiques directement mobilisables.📅 Les candidatures sont ouvertes du 23 janvier au 31 mars : https://lati.cc/ateliers-sn-2026
🎨 Illustration réalisée par Carole Flamion


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