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Notre manifeste
technocritique

Face à l'emprise croissante du numérique sur nos sociétés et nos environnements, nous voulons redonner à chacune et chacun le pouvoir de choisir le numérique.
Voici notre manifeste technocritique.

Pourquoi ce manifeste ?

Nous sommes face à une problématique systémique complexe. C'est pourquoi quelques idées clés guident notre action chez Latitudes, et nous avons décidé de les détailler dans notre manifeste technocritique.
Ce manifeste a pour ambition d’être une boussole.

👉 Une boussole pour nous-mêmes. Pour nous aider à prendre des décisions clés pour les évolutions de l’association, les nouvelles ressources que nous créons, nos prises de position ou tout simplement les outils numériques que nous utilisons.

👉 Une boussole pour les bénévoles et les professionnelles ou professionnels de l’éducation et de la formation qui utilisent nos ressources en autonomie. Pour les aider à transmettre au mieux les questionnements que l’on souhaite initier auprès de leur public, ou à se questionner eux-mêmes sur leur rapport au numérique.

👉 Une boussole pour vous qui lisez ces lignes. Que ce manifeste soit un point de départ ou une étape de votre chemin de réflexion, nous espérons que vous y trouverez de quoi vous nourrir et continuer vos engagements.

Notre manifeste  

technocritique

1. Les technologies numériques ne sont jamais neutres.

Elles sont le produit de choix politiques, sociaux, culturels, économiques qui leur ont permis d’émerger. Elles ont une influence matérielle et immatérielle tout au long de leur cycle de vie. Elles sont le reflet d’une vision du monde. Par exemple, les applications de navigation ont presque toutes pour objectif d’optimiser nos trajets. Est-ce que la nature d’un déplacement est d’être forcément optimisé ?

2. Les technologies numériques ne sont ni magiques, ni vivantes.

Elles reposent sur l’extraction de minerais et de ressources naturelles. Elles sont la combinaison d’infrastructures, de matériels et de logiciels qui permettent d’effectuer des opérations en vue de produire un résultat. Elles ne sont pas “pensantes” et tout anthropomorphisme est dangereux.

3. Nous refusons le techno-solutionnisme.

Ni technophiles, ni technophobes, nous reconnaissons l’utilité des technologies pour contribuer à répondre à certaines problématiques, mais elles ne doivent pas nous aveugler et nous faire perdre de vue que les réponses à nos problèmes sont sont plus souvent d’ordre sociétal.

4. Un progrès technique ne veut pas forcément dire un progrès humain.

Nous devons prendre le temps d’interroger la pertinence d’un progrès technique et de comprendre comment il peut être utilisé au service d’un progrès humain, mais cela ne va pas de soi.

5. Notre critique du numérique s’inscrit dans les valeurs de l’éducation populaire.

Nos ressources laissent une place importante à l’apprentissage par l’expérience et la pratique en collectif. Elles donnent du pouvoir d’agir grâce à des propositions concrètes de passage à l’action et une pédagogie vivifiante. Nous utilisons des licences qui permettent leur utilisation par des tiers pour faciliter leur diffusion.

6. L’approche systémique est indispensable pour comprendre le numérique.

Les enjeux sociaux et environnementaux et leurs interdépendances doivent être pris en compte. La transformation ne peut avoir lieu que si elle prend en compte à la fois les individus, les organisations et les systèmes qui régissent nos sociétés (lois, institutions, etc.)

7. La gouvernance des technologies numériques ne peut être l’apanage de celles et ceux qui les développent.

Alors que les technologies numériques s’immiscent de plus en plus dans nos vies et façonnent nos sociétés, les citoyens et citoyennes doivent être mieux intégrés à leur gouvernance car une technologie juste est avant tout une technologie choisie.

8. Nous portons une vision d’un numérique émancipateur.

Un numérique émancipateur doit permettre aux individus d’élargir leur rayon d’action personnel, sans les rendre dépendants de cet outil en particulier. Nous avions pu explorer cet idée dans article, et nous vous conseillons la lecture de La Convivialité d’Ivan Illich.

Dette intellectuelle

Nous ne sommes qu’un des relais de ces idées qui vivent et évoluent au gré de leurs appropriations. Nous voulions ainsi prendre soin de remercier quelques organisations envers qui nous ressentons une forme de “dette intellectuelle” pour avoir contribué à la découverte ou à l’approfondissement de ces idées.

Il serait impossible d’en faire la liste exhaustive, mais en voici une dans l’ordre chronologique de nos souvenirs : Nebulae, Framasoft, Data for Good, La Quadradure du Net, Hérétique, Tech Trash, Datactivist, Share it, Le Mouton Numérique, Hiatus, L’Atelier Paysan, fertîles, Démocratie ouverte. Une pensée et un merci pour toutes les personnes qui nous inspirent !

Psst, ceci n'est que la première étape. 👀
Notre positionnement sur l'IA générative arrive très vite, dans la continuité de ce manifeste.